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Les pas perdus c'est un hall de gare, symboliquement le ventre de l'humanité où se croisent, se rencontrent, se séparent, se déchirent des hommes, des femmes, des familles souvent pressés. Il ne s'agit donc pas ici d'une histoire mais de plusieurs, d'instants volés, arrêtés. A l'image des aiguillages de chemin de fer, des instants qui cheminent en parallèle, se croisent, se chevauchent, se parasitent parfois. Un hall de gare, c'est le lieu des au-revoir et des adieux, lieu des histoires meurtries, des décisions décousues, des larmes, des mains jointes et des serments hâtifs, des paroles qu'on n'oubliera jamais et des baisers donnés pour la vie. Ici, ce n'est pas le retour qui intéresse mais le départ. « Les départs qui déchirent le cour » écrit Rimbaud. Sans oublier que les halls de gare sont parfois des lieux complètement surréalistes ou bien encore oniriques. Dans ce travail, il ne s'agit nullement de recréer un espace gare réaliste mais plutôt d'en saisir l'urgence, le mouvement et les pulsations.
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