Les voeux du Maire 2010

  

 

M. Yves Beauvain (Maire)            M. Ghislain Tétard, Conseiller général

 

M. Jean-Marie Krajewski             M. Daniel Fasquelle (député)

Les adjoints : Françoise Thélu, Ginette Fauquet, Gérard Monclaire, Fabrice Delcuse.

Monsieur le Député,
Monsieur le Conseiller Général,
Mes chers collègues maire des communes voisines,
Mesdames, Messieurs les élus municipaux et membres du CCAS,
Mesdames, Messieurs les présidents et responsables des associations,
Mesdames, Messieurs, les collaborateurs et collaboratrices de la commune,
Madame la directrice de l'école communale,
Mesdames, Messieurs, chers amis,

Chaque année, c'est le même refrain : au fur et à mesure qu'approche le jour de la cérémonie des vœux, la même angoisse revient et je me pose toujours la même question : est-ce qu'ils vont encore venir cette fois ci, est-ce que mes concitoyens seront fidèles, cette année encore à ce rendez-vous que j'ai toujours voulu le plus détendu et le plus sympathique possible.

Depuis quelques minutes seulement, je suis rassuré : vous êtes venus nombreux et je tiens à vous remercier, toutes et tous, de votre présence. Elle témoigne de votre attachement à notre petite communauté et au devenir de notre village.

Quant aux nouveaux habitants que j'ai tenu à inviter personnellement, ils démontrent par leur participation à cette rencontre rituelle, leur volonté de s'intégrer à la vie communale. En tous cas, je veux profiter de l'occasion pour les saluer et leur souhaiter la bienvenue. J'espère de tout cœur qu'ils se plairont parmi nous et qu'ils feront tous le choix de s'installer définitivement à Gouy.

Bien entendu, concernant nos retrouvailles annuelles il doit bien y avoir un moyen de les rendre plus attractives. Pour ma part, cette année, j'ai fait de louables efforts pour limiter la longueur des discours : en fait, je n'ai pas touché au mien mais j'ai purement et simplement supprimé celui de Françoise… Quant aux autres orateurs inscrits, ils doivent savoir dès maintenant qu'au-delà de 5 minutes de discours, le micro explose !

J'espère que vous apprécierez ces efforts de concision et surtout, j'espère qu'après les différentes interventions, à l'heure des rafraîchissements et des petits pains, vous prendrez encore le temps de partager ensemble quelques instants de convivialité.

Voilà. Maintenant que le décor est planté et que tous les acteurs sont en place, nous allons pouvoir attaquer le cœur du sujet, à savoir d'abord l'évocation rapide de l'année écoulée et ensuite les perspectives que nous offre l'année qui commence.

A franchement parler, c'est sans regret aucun que j'ai vu s'achever 2009 qui restera pour moi l'année de nombreuses et parfois de cruelles déceptions. Mais, je dois bien reconnaître que même si certaines situations sont pénibles à vivre, elles ne sont rien comparées à la perte d'un être cher et je voudrais simplement redire à ceux qui, au cours de 2009, ont vu partir un proche pour un monde que l'on dit meilleur que toute la communauté partage leur peine et leur chagrin.

A côté de cette douleur là, certaines querelles paraissent bien secondaires et accessoires. Mais, pour autant, je n'y suis pas insensible : il n'est jamais amusant de prendre des coups mais c'est plus dur encore lorsqu'ils sont donnés par ceux que l'on considérait comme des amis.

Mais, il y a du bon à vivre toutes les expériences et lorsque devant certaines situations, le moral commence à flancher, on apprécie à sa juste valeur, le soutien des vrais amis et je veux profiter de notre rencontre pour dire à mes adjoints, conseillers et employés de la commune, combien j'ai apprécié, en cette année 2009, leur courage, leur dévouement et leur sens des responsabilités.

J'espère que personne n'en prendra ombrage mais, dans cet hommage, je tiens à faire un sort particulier à Françoise qui, à ses responsabilités de 1 ère adjointe a ajouté au fil des semaines et des mois, en fonction des fluctuations de ma santé, les tâches de secrétaire, de chauffeur voir d'ambassadrice de la commune dans nombre de manifestations où je ne pouvais me rendre.

En citant le nom de la première adjointe, en charge notamment de la voirie, j'en viens à aborder le chapitre des travaux réalisés en 2009 et en particulier ceux de la rue de Bas. Il est clair qu'ils étaient nécessaires mais qu'ils ne suffiront pas : tôt ou tard, il faudra trouver le moyen de ralentir, sinon de retenir les eaux en amont.

A propos d'assainissement, je reconnais que je n'ai pas vraiment galvanisé les enthousiasmes des élus communautaires quand, au cours du précédent mandat, j'ai réclamé la mise en place d'un SPANC, de manière à encourager la mise aux normes des systèmes autonomes. Mais le sujet reste d'actualité et j'espère qu'il finira par sortir des cartons…

Mesdames, Messieurs, j'ai eu l'occasion déjà d'écrire dans le bulletin municipal, ce que je pensais de la réforme de la taxe professionnelle. En résumé, « oui » à la disparition de cet impôt qui était une aberration puisqu'il pénalisait l'investissement, mais « non » à une formule du style dotation d'Etat, sur l'évolution de laquelle, les collectivités n'auraient plus aucune prise.

Mais, il faut savoir que cette réforme de la T.P. s'inscrit dans un projet beaucoup plus vaste, je veux parler bien sûr de la réforme des collectivités locales. Si j'ai bien compris, l'idée de départ est de rendre plus efficace la dépense publique qui a effectivement fortement gonflé ces dernières années et l'un des principes de la réforme c'est de tenter de mettre fin à cet empilement de niveaux de décision qui vont de la commune à l'Europe, en passant par les intercommunalités, le « pays », le département, la région et l'Etat.

Il est vrai que cette dispersion des moyens et cette complexité du système provoquent des déperditions d'énergie et d'argent. La réforme est nécessaire et urgente mais il ne faudrait pas que le législateur manque sa cible. Je ne prétends pas parler au nom de mes collègues mais je crois pouvoir affirmer qu'au-delà du montant de l'aide de l'état, notre véritable préoccupation est double : d'abord, pouvoir compter sur un dispositif fiscal stable avec des règles qui ne changent pas tout le temps et surtout avoir une visibilité maximum de l'évolution des concours de l'Etat et de ceux de tous nos autres partenaires afin de pouvoir planifier nos investissements sur plusieurs années, ce qui aujourd'hui est presque mission impossible.

Car, je le répète chaque année, mais il est important de le savoir, au-delà d'un seuil minimum de quelques milliers d'Euros, une petite collectivité comme la nôtre ne peut pas se lancer dans un projet sans être assurée d'une aide conséquente de nos différents partenaires : c'est ainsi que nous avons attendu d'être certains de la subvention départementale et assurés de la généreuse contribution issue de la réserve parlementaire, soit 20.000 Euros que nous a accordée Madame Brigitte BOUT, sénateur du Pas-de-Calais, avant de donner l'ordre de service pour la réalisation du parking du stade. C'est pourquoi nous avons décalé le chantier au printemps prochain car il n'aurait pas été raisonnable d'engager les travaux en période hivernale

Pour l'année qui commence, nous devrions pouvoir atteindre sans problème majeur notre objectif principal et prioritaire, à savoir l'ouverture d'une cantine. En effet, l'investissement est des plus modeste et nous n'aurons qu'un seul trimestre de fonctionnement à supporter. Mais en année pleine, la charge, notamment en personnel sera lourde pour nos finances et nos capacités d'investissement vont en prendre un coup Cela étant dit, je crois qu'il n'y a pas de regrets à avoir : cette cantine, il fallait la faire car, comme le sondage l'a révélé, ce service était attendu par de nombreuses familles et c'est à mon sens le moyen le plus efficace de pérenniser les trois classes de notre école.

Encore un mot à propos de l'école ou plus exactement à propos de Karine, sa directrice : on me comprendra à mi-mots, notamment ceux qui ont la critique facile. Dans un moment difficile, quand un bon tiers des élèves était absent pour cause de grippe j'ai pu apprécier à la fois son sang froid et son dévouement à la cause des enfants ; ce qui m'a conforté dans ma conviction, à savoir que nous avons beaucoup de chance d'avoir une directrice de cette trempe et j'espère que nous allons la garder longtemps.

J'en reviens à nos projets pour en évoquer un qui me tient particulièrement à cœur, je veux parler bien sûr de la rénovation de la deuxième partie de la rue de Beaurain que nous avons programmé pour 2011. Pour ce chantier, il ne devrait pas y avoir de grosses surprises financières puisqu'il a été dévolu par appel d'offre à l'entreprise Baude-Billet pour un montant total de 300.000 Euros dont 130 pour la première partie et donc 170 pour la seconde.

Devant une telle échéance, il n'y a pas d'autre solution que de repartir à la chasse aux subventions en sachant qu'en matière de voirie communale, la seule collectivité compétente, c'est le Département et là j'ai pris mes précautions. Comme on dit dans nos villages, j'ai « tanné » Michel Gottrand jusqu'à ce qu'il me prépare un dossier de subventions (il adore faire des dossiers de subvention) que j'ai confié religieusement à Christian POILLY en espérant que ma demande aura à la fois le soutien des élus et l'aval des services techniques. Je fais semblant de craindre un refus du conseil général mais, en réalité je suis persuadé que cette assemblée aura à cœur de remercier notre commune pour avoir accepté avec enthousiasme d'intégrer dans sa voirie plus de 2 kilomètres de route départementale déclassée, ce qui va tout de même représenter une augmentation de plus de 30% de la longueur de notre voirie.

En tous cas merci d'avance au Conseil Général de ce qu'il pourra faire pour nous et ces remerciements anticipés je les adresse également à notre député, Daniel Fasquelle que je sais impatient de nous prouver que sa générosité est sans limite. En fait, il m'avait proposé de payer la totalité de la facture sur les fonds de la réserve parlementaire mais j'ai du refuser parce qu'à mon avis cela risquerait de faire des jaloux. Finalement, il ne prendrait que la moitié de la dépense à sa charge et c'est déjà un beau cadeau !

Je plaisante, bien sûr mais sérieusement, je compte beaucoup sur le soutien de notre parlementaire pour réduire la charge que représente ce chantier pour nos modestes finances et en échange, Daniel, tu vas t'assurer la reconnaissance éternelle des habitants de la rue !

Mesdames, Messieurs, dans les décisions que prennent les élus municipaux, il y a celles qui se concrétisent sur le terrain et qui sont visibles par tous, que ce soit les interventions sur la voirie ou les travaux effectués sur les bâtiments publics. A ce chapitre, je citerai par exemple, les remplacements de bouche à incendie, les aménagements réalisés à la bibliothèque, le passage au gaz des bâtiments communaux, les interventions aux écoles… et j'en passe. !

Et puis, il y a toutes ces petites décisions qu'il faut prendre au jour le jour, parfois dans l'urgence et des décisions que l'on prend souvent «  sans filet », je veux dire sans garantie d'être parfaitement dans les clous d'une législation de plus en plus touffue, de plus en plus sévère et de plus en plus contraignante.

Mes conseillers qui sont toujours bienveillants et attentionnés me disaient parfois que j'allais finir par me retrouver en prison puisque, c'est bien connu, le maire est responsable de tout dans sa commune. Cette plaisanterie, malgré son caractère répétitif et roboratif m'a fait beaucoup rire…jusqu'au jour où j'ai reçu un courrier d'une administration appelant mon attention sur une erreur de transcription tout à fait bénigne et sans aucune conséquence. Il n'empêche qu'au courrier était joint la copie d'un article de loi où il était stipulé qu'en cas de récidive, je risquais six mois de prison et quelques milliers d'Euros d'amende.

On a beau avoir le sens de l'humour et celui de la dérision, je trouve que la loi, parfois, pousse le bouchon un peu loin. En l'occurrence je n'étais pour rien dans cette affaire puisqu'il s'agissait d'un différent entre le maître d'œuvre et une entreprise mais même si la faute m'incombait, ne peut-on imaginer une seconde qu'il s'agisse d'une erreur commise de bonne foi ; pourquoi une telle suspicion dès lors qu'il s'agit d'un élu ?

Je sais bien que les élus, si petits soient-ils, n'ont pas bonne réputation. Nous sommes souvent décrits comme des êtres veules et incompétents uniquement soucieux de l'échéance de leur mandat et uniquement préoccupés de leur réélection et bien sûr, nos motivations à faire de la politique se résumeraient à peu de mots : l'argent, l'orgueil de paraître et le goût du pouvoir.

. Et pourtant quand je vois le temps que mes adjoints consacrent à la commune, quand j'entends mes collègues des villages voisins raconter comment ils se battent « bec et ongles » pour faire aboutir leurs projets et quand à la communauté de communes, je vois avec quelle passion les élus défendent notre territoire et tous ses habitants, je me dis, sans prétention aucune que nous ne méritons pas d'être traités comme des délinquants.

Avec les moyens financiers limités qui sont ceux des communes rurales, nous faisons de notre mieux pour répondre aux besoins de la population et nous ne demandons pas à ce qu'on nous érige des statuts mais simplement qu'on fasse montre d'un peu de tolérance et de compréhension : nous ne sommes pas infaillibles mais cela ne justifie pas qu'on nous berce avec le bruit que font les portes du pénitencier en se refermant…

Mesdames, Messieurs, à l'aube de l'année nouvelle, devant la page encore blanche, on se prend parfois à rêver : l'imagination nous transporte dans un monde idéal où tout va bien et tout s'arrange : toutes les fêtes organisées par la commune ou les associations sont des triomphes et chaque mois Fabrice refuse du monde au cinéma, de son côté Gérard ne reçoit plus que des messages de félicitations et de reconnaissance et plus personne ne critique les employés communaux, et puis tous nos concitoyens acceptent sans protester les contraintes des règles d'urbanisme et se redécouvrent une passion pour la lecture tandis que Ginette reçoit enfin les récompenses qu'elle mérité pour ses efforts dans le fleurissement de la commune. Même la nature joue sa participation dans ce concert d'heureux évènements : le vent souffle mais pas trop fort pour éviter que les branches des arbres se mélangent aux fils électriques ; il neige mais pas trop pour ne pas bloquer les routes, il pleut mais pas trop pour ne pas abîmer les routes, si bien que Françoise peut enfin dormir tranquille et ne plus sursauter chaque fois que le téléphone sonne, par peur qu'on lui annonce une catastrophe.

Et puis, la révision de la carte communale se passe bien et le groupe Carré réalise les investissements qu'il a prévus, dans le même temps deux projets qui me tiennent à cœur bien qu'ils ne soient pas communaux, voient enfin le jour : les parcelles de terrain du futur lotissement se vendent comme des petits pains et un certain équipement touristique se construit enfin.

Et puis, tous les projets municipaux que je viens d'évoquer se réalisent sans problème parce que, bien sûr, dans mon rêve, l'argent public coule à flot et ce sont les élus et les représentants de l'Etat qui me supplient d'accepter leurs subventions.

J'imagine que certains brûlent d'envie de me poser la question : et Michel Gottrand, il est comment dans ton rêve : gentil, souriant, toujours de bonne humeur ? Est-ce qu'il te fait toujours des plaisanteries douteuses comme, par exemple, te faire signer des courriers adressés au député qu'il a rebaptisé Léonce-Daniel. A ceux la, je répondrai que même dans les rêves il y a des limites à l'imagination mais que d'un autre côté Michel sans ses légers défauts, ce ne serait plus Michel et que je préfère le garder comme il est que le voir partir. Mesdames, Messieurs, je vous souhaite une très heureuse année 2010, pleine de joie, de réussite et de bonheur.

 

La population venue nombreuse