Les voeux du Maire 2012

  

Mesdames, Messieurs, chers amis et chers concitoyens,

Lorsque je prends ma plus belle plume pour préparer ce discours des vœux, je ne sais pas encore qui, parmi les personnalités que j'ai invitées, sera de la fête. Aussi, j'ai l'impression que je m'adresse à des fantômes, espérant toutefois qu'ils vont se matérialiser, parmi nous ce dimanche matin. Apparemment, le miracle s'est accompli une nouvelle fois. Ils sont tous là ou presque et je vais donc commencer par saluer celui qui a le plus grand mérite à être là en l'occurrence notre député, Daniel Fasquelle, qui est fidèle à ce rendez-vous annuel depuis son élection et je tiens à l'en remercier. De même, je le remercie d'avoir tenu sa promesse et de nous avoir accordé une aide de 5.000 Euros sur sa cagnotte de parlementaire pour nos travaux de la rue de Beaurain. Il va de soi, Monsieur le député, que s'il te restait un fond de crédits à utiliser avant la fin de ton mandat, je te signale à tout hasard que, par exemple, un lave vaisselle fait cruellement défaut à l'équipement de cette salle, que le club de ping-pong attend une nouvelle table et que tous les clubs du village qui organisent des manifestations à l'extérieur apprécieraient de bénéficier d'une structure couverte.

Cela dit si tu préfères nous aider sur un plus gros dossier, je suis tout prêt à attendre le temps qu'il faudra et même jusqu'à ta réélection en juin prochain… Bien entendu, c'est à cette échéance que je voulais en venir pour te dire que, compte tenu de mon état de santé, je ne te serai pas bien utile mais qu'en raison de nos relations amicales anciennes, qu'en raison également de nos convictions politiques qui sont très proches mais surtout qu'au regard du travail considérable que tu as accompli tant sur le terrain qu'à l'assemblée nationale, je serai naturellement à tes côtés dans cette campagne qui, en réalité a déjà commencé.

L'année dernière, dans les mêmes circonstances, nous étions à la veille d'une autre échéance, celle des cantonales et l'apparition de nouveaux candidats dont il était difficile de mesurer l'impact a priori, avait contribué à brouiller les cartes. Je n'ai pas joué un grand rôle dans cette campagne mais le résultat final a démontré que Ghislain avait été bien inspiré de choisir ma première adjointe comme suppléante et il est clair qu'elle n'a pas été pour rien dans le succès de notre conseiller général, un succès qui en appelle d'autres…

Pour terminer cette revue de nos élus, je voudrais dire à Pascal Deray, président de la CCVCA que, certes la fusion des intercommunalités méritait un large débat et, d'ailleurs une nouvelle fois je le dis : je reste persuadé que l'assemblée communautaire aurait dû voter sur la proposition d'une union à trois même s'il ne s'agissait que d'émettre un avis. Il reste à espérer, sur ce point, que les conseils municipaux vont pouvoir maintenant s'exprimer en toute clarté et en toute liberté sur ce mariage à trois et surtout que la nouvelle assemblée qui va se former sitôt que le schéma sera adopté, va pouvoir se mettre rapidement au travail et prendre un certain nombre de décisions que les communes attendent avec impatience. Je pense notamment à l'assainissement et à la lutte contre l'érosion des sols et à toutes demandes que nous ne manquerons pas de faire lorsque nous aurons le plaisir d'accueillir le président Deray à notre prochaine réunion de conseil.

Si je suis très heureux de pouvoir accueillir un certain nombre d'élus à cette cérémonie, ce n'est pas seulement pour le plaisir de les voir, c'est avant tout pour leur exprimer la gratitude du conseil municipal et de toute la commune pour l'aide et le soutien financier qu'ils nous ont accordés au cours de ces derniers mois. Mais, si la décision est le plus souvent de la responsabilité des élus, sa mise en œuvre est l'affaire des administrations et des services de l'Etat ou des collectivités locales. C'est ainsi que j'avais tenu à inviter notre receveur municipal, M. Arnaud Taillandier qui est notre nouveau grand argentier et qui, je dois le dire, nous a déjà été, en plusieurs circonstances, d'une aide précieuse. Il en va de même pour notre ami Pascal Decobert, le « grand patron » de la Maison des infrastructures du Département qui nous a guidés utilement dans nos recherches permanente de subvention, avec, il faut le reconnaître une réelle efficacité ; à tel point d'ailleurs que j'ai bien l'intention de le solliciter à nouveau mais pas tout de suite, qu'il se rassure… Enfin, je voudrais saluer et remercier le major Martin et à travers lui, les gendarmes de la brigade de Campagne pour leur disponibilité et l'attention qu'ils portent à nos petits soucis et à nos problèmes plus sérieux. Je pense, en particulier à notre épisode des squatters de l'été dernier, qui, grâce au sang-froid de tous les acteurs de ce mini-psychodrame mais aussi au sens des responsabilités dont les parents ont fait montre et enfin à la compréhension manifestée par le major et ses collaborateurs, on a pu éviter que ces rencontres ne se pérennisent et ne deviennent des nids de petite délinquance.

Il y aurait sans doute un moyen de faire en sorte que ce genre d'incident ne se reproduise plus dans ce bâtiment, ce serait d'en faire des logements. Je suis d'ailleurs persuadé que certain y ont pensé, reste à transformer l'essai et j'espère que ce sera la première bonne surprise de l'année qui commence. D'autres, je l'espère suivront, à commencer par une décision des services académiques qui va régler le sort de notre école primaire : actuellement, les effectifs sont de 84 élèves pour trois classes, ce qui est déjà lourd pour ne pas dire surchargé. Et à la rentrée prochaine nous allons atteindre les 95 bambins, soit plus de 30 en moyenne par classe, ce qui devient problématique si l'on veut maintenir la qualité de l'enseignement. D'où la possibilité d'ouvrir une 4 ème classe à condition de bénéficier de la création d'un poste d'enseignant et que le conseil décide l'aménagement d'une salle de classe, ce qui devrait entraîner une nouvelle organisation des locaux de l'école. Ces projets (mais il y en a d'autres) vont demander un effort financier à la commune mais leur réalisation suppose aussi la mobilisation permanente de tous les élus et notamment de mes adjoints à qui je tiens à rendre un hommage particulier ainsi qu'aux deux conseillers qui se sont plus spécialement impliqués dans la politique intercommunale. Mais, ils ne m'en voudront pas de ne pas tous les citer avec leur grade et leur fonction, il y a aussi nos collaboratrices et collaborateurs, permanents ou occasionnels, qui font un remarquable travail au service de toute la communauté, sans en avoir toujours la reconnaissance, notamment sur leur fiche de salaire. Cette année, toutefois, je voudrais saluer le bon parcours de Charlotte qui bénéficie d'un contrat d'insertion à la commune et féliciter Sylvie Mariette qui dirige notre cantine avec beaucoup de courage et de savoir-faire, ainsi que Pascale Leroy qui a relevé le défi de succéder à Michel Gottrand, ce qui n'était pas gagné d'avance. Finalement, ce qui a le plus changé à la mairie depuis le départ de Michel, c'est le nombre des visiteurs masculins qui ne cesse de croître : allez donc savoir pourquoi ?

Ainsi, dans notre village, il y a ceux qui ont fait profession d'être au service des autres. Et puis il y a ceux dont c'est le plaisir d'apporter leur savoir, leur talent et leur disponibilité à leurs concitoyens à travers les fonctions d'élus ou de responsables associatifs. Tous sont à féliciter pour ce qu'ils apportent c'est-à-dire, un peu plus de cette humanité et un peu plus de cette générosité qui nous aident à vivre ensemble.

A propos de respect et de tolérance, l'actualité m'oblige à faire un détour par les écarts. Il ne suffisait sans doute pas que d'aimables voisins nous aient gâché le paysage avec leurs drôles d'avions à hélice qui ne décollent jamais. Il fallait encore que l'on vienne nous déchirer le magnifique rideau de peupliers qui protégeait du vent les fermes environnantes et qui s'ouvrait au passage du pont découvrant, dans un sens, le décor magnifique et préservé de l'ancienne abbaye et de l'autre, le visage toujours changeant de notre communauté. Et comme autant de soldats à la parade, cette double rangée de fantassins de bois était devenue au fil des ans notre gardien immobile, en même temps que la carte postale de notre village. Je vais laisser le droit et s'il le faut, la justice nous dire qui peut revendiquer la propriété de ces arbres et qui donc était autorisé à nous rejouer « massacre à la tronçonneuse ». Mais quelque soit le verdict, je voudrais rappeler qu'un de mes premiers gestes quand vous m'avez choisi comme maire, a été d'illuminer le porche de Saint-André. On me l'a reproché, disant que j'avais dépensé de l'argent public au profit d'un monument privé. Mais, je vais vous dire mon opinion sur ce sujet : il y a des lieux qui sont si beaux et si précieux qu'ils ne sont plus, qu'ils ne peuvent plus être le bien de personnes privées : ils appartiennent de fait à la collectivité qui est bien en droit de dire son mot si des aménagements doivent intervenir. On ne pourra pas revenir en arrière mais il est bien dommage qu'on ne se soit pas donné le temps de la réflexion et de la concertation. Une bataille est perdue sans doute mais le combat pour le respect de notre mémoire collective ne fait que commencer.

Mesdames, Messieurs, cette cérémonie des vœux, vous le savez, je l'ai toujours voulu détendue, sympathique et conviviale. Et mon petit discours ressemble plutôt à un recueil de bonnes blagues qu'à un exercice de style sous la coupole, cela ne signifie pas que je ne sois pas sérieux dans l'exercice des missions que les citoyens m'ont confiées. Et si je suis tout prêt à tirer les oreilles des jeunes qui font des petites bêtises, il n'est pas dans mes intentions de faire semblant de ne pas voir les grosses bêtises des grands ou de leur donner trop vite l'absolution.

Mesdames, Messieurs, il y a encore bien des choses que j'aimerais vous dire à propos des problèmes qui peuvent se poser dans la commune (et là je pense en particulier aux nuisances sonores dont souffrent les riverains du silo) et puis il y a les projets que j'aimerais mener à bien avec vous, et des idées nouvelles qui, à leur tour deviendront des projets… j'espère que j'en aurai le temps.

En attendant, permettez-moi d'abord de vous remercier, toutes et tous de votre présence ce matin mais en particulier, je voudrais saluer celles et ceux qui participent pour la première fois à cette petite cérémonie et à qui je souhaite la bienvenue dans notre village.

Je voudrais d'ailleurs les prévenir : nombreux sont ceux qui, ayant goûté une fois à notre style de vie, y ont pris goût et ont décidé de rester parmi nous. Et parmi ceux qui nous ont quittés, le plus souvent pour des raisons familiales, de travail ou de santé il y en a beaucoup, je le sais, qui l'ont fait à contre-cœur.

En vérité, ce village est à l'image de ses habitants, c'est à dire simple et sans prétention, mais il est surtout très attachant. Et, comme on dit parfois, « l'essayer, c'est l'adopter ».

S'il vous arrive de feuilleter les gazettes, vous aurez remarqué qu'ici nous ne cherchons pas non plus à défrayer la chronique. Partant du principe énoncé en son temps par le président Pompidou, selon lequel « les peuples heureux n'ont pas d'histoire », à la mairie, nous avons adopté la discrétion et la modestie comme mode de gouvernance. Qu'on me comprenne bien : quand je parle de discrétion, je ne cherche pas d'excuse pour en faire moins pour nos concitoyens ; il s'agit au contraire de définir des objectifs qui soient à la hauteur de nos moyens et de nous y tenir, tout en nous ménageant une marge de manœuvre pour faire face à l'imprévisible.

Pour résumer mon propos, je dirais que nous voulons demeurer ambitieux pour notre commune mais raisonnables pour nos finances.

Si j'évoque cet aspect de la gestion communale, c'est notamment pour dire à notre député qui, d'ailleurs le sait parfaitement, que si les collectivités locales doivent faire des économies, il n'est pas juste d'en faire en permanence les responsables de la crise et les boucs émissaires des déficits budgétaires.

Mesdames, Messieurs, je crois que je vous ai suffisamment ennuyé et je vais maintenant passer la parole à qui la veut… Il me reste simplement à vous demander d'avoir encore une pensée pour celles et ceux qui nous ont quittés au cours de l'année écoulée. Et, c'est un sujet que l'on évoque jamais, mais je voudrais profiter de la circonstance pour remercier ceux qui se dévouent toute l'année à la paroisse pour assurer aux familles touchées par un deuil, un accompagnement et une cérémonie chrétienne.

Je ne voulais pas conclure sur un sujet triste, aussi, j'avais pensé vous raconter un gros mensonge comme par exemple : « J'ai rencontré Michel Gottrand, il est devenu aimable et souriant et il paie des coups à tout le monde ». Ou bien j'aurai pu vous annoncer ma candidature aux prochaines législatives et pourquoi pas, aux prochaines présidentielles mais vous ne m'auriez pas cru davantage. Finalement, j'ai décidé de terminer de la façon la plus banale qui soit en vous souhaitant de tout cœur une très heureuse année 2012, pleine réussite et de bonheur.

Très bonne année à toutes et à tous.

 

Yves BEUVAIN