La bibliothèque municipale
Marcel Duhamel

Si la bibliothèque municipale de Gouy-Saint-André porte le nom de Marcel Duhamel, ce n'est pas le fait du hasard. C'est ici, en effet, qu'au début du siècle précédent, celui qui allait fonder la série noire chez Gallimard, a vécu une partie de son enfance. D'ailleur, l'autobiographie de Marcel Duhamel intitulée "raconte pas ta vie" dans laquelle l'auteur consacre quelques pages à sa jeunesse est disponible à la lecture dans cette bibliothèque. Il a été offert par M. Kett président de l'association "Mont joie 2000" passsionné par tout cequi se rapporte au passé du village.

Espace lecture enfants
La bibliothèque vous acceuille les

Lundis de 18h00 à 19h00
Mercredis de 14h00 à 16h00
Samedis de 11h00 à 12h00

par Ginette Fauquet,
Faustine Mariette,
Patricia Mariette,
Marie-France Parmentier,
Isabelle Poidevin (école)

Les livres enfants
 
Espace lecture adultes

Marcel Duhamel (à droite)
et Jacques Prévert

Marcel Duhamel (1922-1923)

Après son service militaire pendant lequel il fit une rencontre décisive - le poète Jacques Prévert , il s'installe dans le quartier Montparnasse et fréquente un groupe de surréalistes, dont le peintre Yves Tanguy et la plupart des écrivains des années 30.

En 1928, il traduit un premier roman, Les Émeraudes sanglantes de Raoul Whitfield. Il enchaîne divers petits métiers comme celui de modiste, décorateur, chef de plateau aux studios Pathé-Nathan, publiciste, éditeur pendant deux ans d'une revue de tourisme ( Voyage en France ).

Suite à la traduction d'un second roman ( Le Petit César de William Riley Burnett ), il travaille pour les studios de la Tobis Klangfilm et adapte les dialogues de plus d'une centaine de films américains.

Parallèlement, il joue au cinéma dans des films comme L'Affaire est dans le sac , Le Dernier milliardaire ou Le Crime de Monsieur Lange .

Sa rencontre avec le dramaturge Marcel Achard en 1944 est déterminante. Ce dernier lui fait découvrir deux romans noirs de Peter Cheyney. Enthousiaste, Marcel Duhamel les traduit et propose à Gallimard de les publier dans une nouvelle collection. En octobre 1945 sera créée la «  Série noire  » et il dirigera cette collection jusqu'à sa mort en 1977, popularisant ainsi le roman noir américain auprès de plusieurs générations de Français.

Durant les années 50 et 60, il crée et anime d'autres collections littéraires : « Série Blême » et « Panique » (Gallimard), « Oscar » (Denoël), « Haute tension » (ZED).

Il mène en même temps une activité de traducteur des œuv

res de John Steinbeck , Ernest Hemingway , Richard Wright , Erskine Caldwell , Irwin Shaw et de nombreux auteurs de romans noirs.

Adaptateur pour le théâtre de plusieurs romans ( Pas d'orchidées pour Miss Blandish  ; Du rififi chez les hommes , etc.), Marcel Duhamel a aussi signé une autobiographie : Raconte pas ta vie (Mercure de France, 1972).

Le manifeste de la "Série noire"

En 1948, Marcel Duhamel écrit ce qui restera longtemps « le manifeste de la " Série noire ". Après plus de cinquante ans, ce texte reste d'une rare actualité.

« Que le lecteur non prévenu se méfie : les volumes de la "Série noire" ne peuvent pas sans danger être mis entre toutes les mains. L'amateur d'énigmes à la Sherlock Holmes n'y trouvera pas souvent son compte. L'optimiste systématique non plus. L'immoralité admise en général dans ce genre d'ouvrages uniquement pour servir de repoussoir à la moralité conventionnelle, y est chez elle tout autant que les beaux sentiments, voire de l'amoralité tout court. L'esprit en est rarement conformiste. On y voit des policiers plus corrompus que les malfaiteurs qu'ils poursuivent. Le détective sympathique ne résout pas toujours le mystère. Parfois il n'y a pas de mystère. Et quelquefois même, pas de détective du tout. Mais alors ?... Alors il reste de l'action, de l'angoisse, de la violence , sous toutes ses formes et particulièrement les plus honnies, du tabassage et du massacre. Comme dans les bons films, les états d'âmes se traduisent par des gestes, et les lecteurs friands de littérature introspective devront se livrer à la gymnastique inverse. Il y a aussi de l'amour ; préférablement bestial ; de la passion désordonnée, de la haine sans merci. Bref, notre but est fort simple : vous empêcher de dormir. »