Claude Scelers exerce la profession bien connue sous le nom de «fontainier» au sein du SIVU de Mouriez-Tortefontaine. En d'autres termes, si de l'eau s'écoule de votre robinet quotidiennement, il est loin d'y être étranger. Rencontre.
Si l'on en croit l'expérience de Claude Scelers qui travaille depuis cinq ans pour le syndicat des eaux de Mouriez-Tortefontaine : « le métier n'est pas déplaisant » pour quelqu'un qui aime le contact avec la population.
Une disponibilité de tous les instants
Toutefois s'il dispose d'une certaine liberté dans l'organisation de son travail, il sait aussi qu'il doit être disponible 24h sur 24h car un incident sur le réseau qui n'est pas traité dans les temps pourrait très bien virer à la catastrophe. Présidé par Hubert Anselin, le syndicat des eaux regroupe donc six communes (Saint-Rémy, Gouy-Saint-André, Saulchoy, Douriez, Tortefontaine et Mouriez) soit 1020 compteurs qu'il revient à Claude Scelers de relever une fois par an.
En règle générale, il est bien reçu dans tous les foyers mais quelque temps après, quand les abonnés reçoivent leur facture, parfois les choses se gâtent.
Une dimension sociale
Si le prix de l'eau reste raisonnable dans ce secteur rural comparé au prix pratiqué en zone urbaine, il arrive parfois qu'à l'occasion du relevé du compteur, on découvre une consommation inhabituellement élevée. En pareil cas, l'explication est toujours la même : il n'y a plus qu'à chercher l'origine de la fuite. Dans de telles circonstances, il arrive que la note soit salée. Claude Scelers est bien conscient de la dimension sociale de sa tâche et c'est seulement après avoir usé toutes les solutions et toutes les possibilités d'arrangement avec «ses clients» qu'il se résoudra à couper l'eau. On a l'habitude de dire que l'eau c'est la vie et de fait aucun foyer ne peut s'en passer bien longtemps : comment gérer efficacement un syndicat en répartissant également la charge entre ses adhérents tout en faisant preuve de solidarité voire d'humanité envers ceux qui connaissent par exemple des problèmes et de revenu ? C'est le dilemme que doit résoudre plusieurs fois par jour Claude Scelers qui, au fil des ans, a appris à distinguer ceux qui ne peuvent vraiment pas payer de ceux qui ne veulent pas. Un bel exercice de psychologie appliquée.
Article rédigé par :
Julien Bienaimé