Historique du village
1 - Origine
Percer
avec exactitude les origines, définir clairement le commencement, serait bien
prétentieux. En l'absence de documents authentiques, certains ont traduit. Nous
nous contenterons donc de vous rapporter leurs interprétations.
D'après
L. Ricouart (Etudes pour servir à l'histoire et à l'interprétations des noms de
lieux) le nom Gaudiacus a produit les Gouy qui signifient comme leurs synonymes
Mont-Joie, le lieu où l'on se réjouit. Tandis que d'après Harbaville, dans son
mémorial artésien et l'historien de Campagne-les-Hesdin dans une notice,
l'étymologie de Gouy viendrait du mot Celtique Ghi, si célèbre autrefois dans
le culte druidique, Gouy selon la--langue de ces peuples anciens exprimerait
tout à la -fois, un bois consacré au culte des Dieux, et vénéré, soit par
l'ancienneté, soit par la taille gigantesque des arbres qui le composent. Une
tradition constante à Gouy attache une dénomination bien significative à l'endroit
où se trouve aujourd'hui l'Eglise en l'honorant du titre de Montagne de Jupiter
(Mont Jove). Un Temple en l'honneur de Jupiter se dressait sur ce Mont Jove
entouré de chênes consacrés à ce Dieu, ces arbres, dis-je tant vénérés par les
Druides (le mot Druide viendrait du Celte Déru ou Derwid qui signifie chêne, on
nomme Druidisme la religion des populations Celtiques qui antérieurement à la
conquête romaine, occupaient la Gaule et la Grande-Bretagne). Tout porte à
croire donc, que Gouy de par sa situation sur une hauteur était ~n lieu de
rassemblement pour y donner des festins, s'y réJouir, et servait de refuge
commun en temps de guerre et aussi pour y pratiquer l'une des cérémonies les
plus importantes du culte druidique, la récolte du gui de chêne. Outre la
vénération que le Druide avait pour le chêne, il regardait le gui à cause de sa
verdure perpétuelle, comme l'emblème de l'immortalité de l'âme et de l'éternité
du monde. On le cherchait avec soin dans les forêts, et lorsqu'on l'avait
trouvé., les prêtres se rassemblaient pour aller le cueillir en grande pompe.
Cette cérémonie se pratiquait en hiver, à l'époque où cette plante fleurit et
où ses longs rameaux verts enlacés à l'arbre dépouillé, présentent seul l'
image de la vie au milieu d'une nature stérile et morte. C'était le 6ème jour,
ou plutôt la 6ème nuit de la nouvelle lune après le solstice d'hiver qui
commençait l'année Gauloise, cette nuit était appelée la nuit Mère. C'est alors
qu'un Druide en robe blanche montait sur 1' arbre, une faucille d'or à la main,
et tranchait la racine de la plante, que d'autres Druides recevaient dans une
saie blanche, car il ne fallait pas qu'elle toucha la terre.
On a trouvé à Saint-Rémy
une hachette druidique, ou coin gaulois, de celles dites Staimbort. L'Abbé
Robert curé de Gouy-Saint-André, a noté sur son registre de Paroisse, qui
peut servir de base à notre histoire locale ,qu'il en avait lui-même trouvé
un fragment sur l'antique voie romaine qui traversait ce village en 1861.
. . Puis on immolait deux taureaux blancs, et le reste de la journée se passait
en festins et réJouissances. Comme le gui de chêne était aux yeux des .Gaulois
une panacée universelle, on le mettait dans l' eau et on distribuait cette
eau lustrade à ceux qui en désiraient pour les préserver ou les guérir de
toutes sortes de maux. J'ai lu et tiens à signaler en passant que cet usage
druidique se perpétua sous diverses formes dans presque toutes les parties
de la France.
Plusieurs
textes des Synodes ou des Conciles nationaux attestent qu'au XVIème siècle et
même au XVIIème, on se livrait encore dans les campagnes à des fêtes qui
rappelAient la cérémonie du gui sacré, et qu'on nommait Guilanleu ou
Aguilanneuf. Aujourd'hui encore le gui est récolté et trouve sa place dans les
maisons pour célébrer l'an neuf les anciens racontent même que ce gui ne doit
ni être récolté, ni introduit dans les habitations avant l'an neuf. La récolte
de la verveine, du samolus, de la Sélage (plante inconnue) étaient employés
pour la fabrication de formules mystérieuses et s'accompagnait d'un cérémonial
bizarre, c'est sans doute ce qui inspira Goscinny et Uderzo avec la fameuse
potion magique dans Astérix.
Et maintenant que
pouvons nous dire à propos du Temple de Jupiter. Si comme tout porte à le
croire Un Temple Druidique existait à l'emplacement de l'Eglise actuelle en
ce lieu de population celtique, il ne pouvait s'appeler Temple de Jupiter
à cette époque en effet, ce n'est qu'après la conquête de la Gaule par Jules
César, que le polythéisme (Religion qui admet l'existence de plusieurs Dieux)
indigène subit une transformation remarquable. Les Romains, soit par ignorance,
soit par politique, identifièrent les divinités gauloises à leurs propres
divinités, de telle sorte que le culte et les noms dés Dieux de Rome remplacèrent
le culte et les noms des Dieux indigènes. Lorsqu' on examine les croyances
religieuses de la Gaule, la première de ces doctrines avait évidemment commencé
par le fétichisme le plus grossier, puis elle s'était graduellement élevé
à une conception religieuse. Ainsi, l'adoration immédiate de la matière brute,
des phénomènes, et agents naturels, tels que les pierres, les arbres, le vent,
les lacs, les rivières, le tonnerre, le soleil, etc. .., fit place avec le
temps à la notion abstraite de divinités réglant ces phénomènes, de la pour
n'en citer que 2, ceux qui nous intéressent tout particulièrement le Dieu
Tarann : le Dieu du ciel, à l'origine du tonnerre, le moteur de l'univers,
le juge suprême qui lançait sa foudre sur les mortels. Et Bel le soleil, divinité
bienfaisante qui faisait croître les plantes salutaires et présidait à la
A médecine, des beaux-arts, la lumière, la pleine lune. C'est ainsi que les
Romains disais-je les identifièrent à leurs propres divinités. Tarann devint
Jupiter, et Bel devint Apollon, etc. Cette identification contribua puissamment
à l'abandon du culte national par la population Gauloise. J'ai tenu à apporter
ces quelques explications sur l'origine de ce Temple qui existait sur le lieu
même de notre Eglise, et qui selon toute probabilité aurait été dressé en
l'honneur du Dieu Tarann, où d'immenses richesses en lingots d'or et d'argent,
ou monnaies ou vases précieux etc. s'accumulèrent, et qui serait devenus par
la 'suite le Temple de Jupiter, jusqu 'au IIème siècle après J.C, ou le christianisme
fut prêché en Gaule, d'abord persécuté, il finit par détrôner le culte des
Dieux romains.~ Le nom de Bel que l'on donne encore aujourd'hui, en parlant
de la pleine lune, ne nous viendrait il pas tout droit, selon la langue de
ces peuples anciens.
2 - Historique :
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GOUY SAINT ANDRE Sa dénomination en: |
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12ème siècle |
GOY |
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13ème siècle |
GOI |
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1476 |
GOUY LES SAINT REMI |
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GOUY LES SAINT ANDRIEU |
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1789 |
GOUY SAINT ANDRE |
Dès le
onzième siècle, L'abbaye de ST-JOSSE-sur-MER percevait à GOUY une dîme qu'elle
abandonna plus tard aux moines de ST-ANDRE. Ceux-ci comptent les premiers sires
de GOUY au nombre de leurs bienfaiteurs, notamment: HUGUES, époux de Sara et
EUSTACHE, époux d'Avechin, chevaliers, qui contribuèrent à la fondation de la
chapelle de Ste Madelaine, affectée dans l'église de St-André à la sépulture de
leur famille.
Après
eux, on trouve VAULTIER DE CAMBERON, chevalier (1255), WISTACE et JEHAN, ses
fils aussi chevaliers (1304), COLAIS dit JETON, fils de Fils de GUILLAUME
(1364), tous qualifiés de seigneurs de GOUY dans les archives de l'abbaye.. Il
faut ensuite franchir un siècle et demi pour renouer la chaîne interrompue de
leurs successeurs et arriver à Dame CLAUDE de GOUY, épouse de JEHAN DE
SOYECOURT. Après elle, le domaine de GOUY appartint aux familles de LICQUES, de
LA HOUSSOYE, CARPENTIER, DELHOMEL et DE FRESNOYE qui le tenaient en fief noble
de la châtellenie de BEAURAIN.
Le
voisinage de l'abbaye devient une source de prospérité pour les habitants de
Gouy. Les premiers, ils recueillirent les bienfaits de la civilisation
chrétienne introduite par les enfants de St Norbert dans ces contrées jadis
recouvertes d'immenses forêts ; les premiers aussi, ils profitèrent de leurs exemples
de vertu et participèrent à leurs abondantes aumônes. Mais il fut des jours
malheureux ou ce voisinage attira sur la paroisse de Gouy des désastres inouïs
et le pillage, l'incendie l'affligèrent a plusieurs reprises pendant les
guerres incessantes qui ont désolé l'Artois et la Picardie. A cette époque,
St-André et son abbaye étaient situés sur la frontière de ces deux provinces,
donc de celle de la France et des Pays-Bas espagnols. Une grande partie des
biens de l'abbaye était du côté français. Les chanoines Prémontrés de St-André
s'attirèrent les foudres du Gouverneur de Montreuil (Français) à cause de leurs
ingérences dans la politique entre les deux pays.
En
1595, les habitants de Gouy, harcelés par la garnison de Montreuil, se retirent
avec femmes et enfants dans les cloîtres de St-André. Ils s'y fortifient et,
sous la direction de soldats espagnols, ils entravent l'actions des
"coureurs français qui ne pouvaient guère passer vers Hesdin sans être ou
découverts ou attaqués en quelque endroit".
Le maréchal
d'Humières vient alors les attaquer avec 5000 hommes, mais, après un jour et
une nuit de siège en règle, la petite armée de braves paysans, épuisée et
manquant de munitions, est obligée de se rendre, le maréchal d'Humières
menaçant de faire intervenir ses canons. St-André obtient une capitulation
honorable. Mais le contrat n'est pas respecté et les troupes françaises
rançonnent, pillent et incendient tout ce qui peut l'être dans l'abbaye.
Heureusement, un chanoine nommé Firmin DANEL parvient, avec l'aide d'un valet,
à circonscrire l'incendie avant que celui-ci n'atteigne les combles de
l'église. Dès les Français repartis, les paysans de Gouy réfugiés dans les bois
voisins, accourent, combattent le sinistre et réussissent à sauver la majeure
partie du monastère.
3 - Abbaye de St-André-au-Bois :
Les religieux de
l'abbaye qui avait été fondée à Maresquel vers 1130 par Enguerran de Beaurain
obtinrent de Hugues, son fils, le Bois de Grémécourt, près de Gouy. Là, ils
commencèrent, en 1153, les bâtiments d'un monastère qui, empruntant sa dénomination
aux bois qui l'environnaient alors, fut appelé "St-André-au-Bois".
Les
principaux bienfaiteurs de cet établissement sont, avec les seigneurs et les
châtelains de Beaurain, les sires de Brimeux, de Gouy, de Maintenay et de
Maresquel.
38
abbés le gouvernèrent successivement. Ces abbés, nommés à l'élection,
relevaient directement de Rome mais ils n'obtinrent le droit de porter la mitre
qu'en 1665. Le revenu de l'abbaye se composait du produit de la dîme perçue
dans plusieurs paroisses et du fermage des censes de Bloville, Brunehautpré,
Valivon, le Valrestaud-les-Thiembronne et Saint-André, fermes qui appartenaient
à l'abbaye. Il s'élevait, en 1749, à 13 500 livres. Les moines partageaient ces
ressources avec les pauvretés de la contrée. Lors du rigoureux hiver de 1767,
une foule de malheureux se pressaient à la porte du couvent ; dès le mois
d'octobre, 4 à 500 recevaient chaque semaine un pain de trois quarts de livre.
Leur nombre augmenta tellement que, le mardi de la semaine sainte, on en compta
1 500 et 3 500 le Jeudi Saint ! Du mois de février au mois d'août, de 1 000 à 1
500 indigents obtinrent la même aumône tous les mardis ; on distribuait en
outre à 56 ménages des villages voisins 80 pains de 3 livres.
La mendicité
ayant été interdite en 1769, les moines cessèrent de donner à la porte du
couvent et ils envoyèrent désormais, chaque semaine, des pains au nombre de 166
au total à Gouy, Campagne , Aubin, Bouin, Maresquel, Contes, Ecquemicourt,
Brimeux, Lépinoy, Buire, Beaurain.
Trois
abbés de St-André ont écrit des chroniques du plus haut intérêt pour l'histoire
du pays. Nicolas Lédé a laissé 3 volumes dont un seul a été conservé ; Antoine Bouberta
a raconté les origines de St-André et Ignace Crépin a terminé son récit en
1770.
Les
bâtiments réguliers formaient le carré de l'abbaye. La magnifique basse-cour
ainsi que la ferme que l'on admire encore aujourd'hui ont été construites de
1752 à 1758 sous la direction de MM. Claude et Charles Brunion, architectes à
Hesdin. L'église, démolie à l'époque de la Révolution, avait été élevée sur les
plans de M. Merville, architecte à Arras et consacrée le 12 septembre 1762 par
les évêques d'Amiens et de Saint-Omer pour remplacer l'ancienne chapelle qui
menaçait de s'écrouler. Le cœur de cette chapelle datait du XIIème siècle.
4 - Archéologie :
Le
chœur de l'église de Gouy est éclairé de 5 fenêtres ogivales ; deux sont ornées
de vitraux représentant St Martin, St Joseph, St André et St Josse. Les voûtes
de la nef portent le blason de l'abbaye de St-Josse-sur-Mer et celui de M. Ie
Comte de Riencourt dont la famille possède encore des terres sur la Commune.
On peut
y voir une statue en grès (?) dite "Vierge aux raisins", travail
espagnol provenant de l'abbaye ainsi que le christ extérieur en bois sculpté,
œuvre d'art justement appréciée. Une pierre tombale rappelle la mémoire de
Charles Delhomel, curé de Gouy mort le 13 novembre 1774, et de son frère Jehan
Delhomel, époux de dame Françoise de la Houssoye, dame de Gouy, décédé le 22
décembre 1765.
On
trouva en 1861, dans la propriété de M. Déplanque, une meule romaine, espèce de
cône aplati, mosaïque formée de petits galets reliés par du ciment, mesurant
1,20 m de diamètre sur 26 cm de hauteur et percée d'outre en outre par le
milieu.