Le mot du maire

Mes chers concitoyens,

Tout le monde a entendu parler de la réforme de la taxe professionnelle et des mouvements divers qu'elle a suscités. En réalité, personne ne pleure la disparition de cette taxe qu'en son temps un président de la République, avait jugée « imbécile ». Le problème est ailleurs et il est triple : d'abord, chaque fois que l'Etat transmet une compétence aux collectivités locales ou qu'il modifie le système fiscal, on peut être certain que les dites collectivités vont être perdantes : le principe de la compensation « à l'Euro près » peut bien être inscrit dans la constitution, à chaque fois c'est pareil, le compte n'y est pas.

Ensuite, c'est encore un mauvais coup porté à l'autonomie fiscale des collectivités : jusqu'à présent, nous étions en droit de fixer librement le taux de la T.P., en l'occurrence pour nous, au niveau de la communauté de communes puisque nous avons opté pour la taxe professionnelle unique. Dans l'avenir, la somme que nous recevrons en remplacement des revenus de la T.P.U., sera et évoluera selon le bon vouloir de l'Etat. Ce qui m'amène au troisième aspect du problème : on en vient à se demander si ce type de réforme fiscale ne vise pas d'abord à réduire les moyens des collectivités qui sont fréquemment accusées de dépenser à tout va et de contribuer à creuser les déficits publics.

Attentes et espoirs
Certes, il est vrai que la création au cours des dernières années de niveaux de décision supplémentaires ( les communautés de communes mais aussi les « Pays ») n'a pas franchement contribué à diminuer la dépense publique : les économies d'échelle réalisées sur certains services, ont été rapidement absorbés par le simple développement de l'activité de ces services. Exemple connu, la collecte et le traitement des ordures ménagères. Ils sont effectués de manière beaucoup plus rationnelle à 23 communes que séparément. Mais les gains de productivité obtenus par la création d'un ramassage intercommunal, d'un centre de tri et d'une déchetterie , ont été totalement annihilés par l'accroissement constant des volumes à traiter… d'où la nécessité de créer une taxe spécifique qui n'a pas toujours été bien comprise.

Il est incontestable, les chiffres sont sans appel, que les collectivités locales sont dépensières mais on voudra bien, j'espère, leur reconnaître quelques vertus et même quelque utilité : ainsi, qui mieux que les conseillers municipaux qui vivent au jour le jour les difficultés mais également les aspirations de leurs concitoyens, pourraient traduire ces attentes et ces espoirs en autant de projets concrets ?

Une solidarité naturelle
Si, au cours de ces dernières années, nous avons réalisé un certain nombre d'investissements, ce n'était pas pour le plaisir de dépenser l'argent du contribuable mais bien pour satisfaire les besoins exprimés par la population : ainsi en sera-t-il en l'an 2010 avec la création de la cantine scolaire. Bien sûr, elle ne sera pas utilisée par toutes les familles mais j'ai été heureux de constater dans les résultats du sondage qu'une solidarité naturelle existe entre les parents d'élèves puisque la quasi totalité ont répondu « oui » à la question « êtes vous favorable à la création d'un cantine » alors que tous n'en auront pas l'usage.

Des garanties de ressources
Il en va d'ailleurs ainsi de la plupart des actions municipales : exemple encore, tout le monde ne fréquente pas régulièrement le stade municipal mais chacun voudra bien reconnaître qu'aménager un parking devant nos services techniques est une nécessité. Quant à établir un ordre de priorité parmi les travaux de voirie ou encore entre les interventions sur les bâtiments publics, là encore, ce sont bien vos élus municipaux, par définition des élus de terrain, qui connaissent le la réponse et qui peuvent le mieux faire les bons choix. Et, pour faire bonne mesure, j'ajouterai que dans l'hypothèse où l'Etat persisterait dans ses intentions de diminuer les moyens des communes, c'est l'économie locale qui en souffrirait le plus tant il est vrai que les achats des collectivités locales représentent désormais une part essentielle de la commande publique.

Alors, que le gouvernement décide la mise à mort de la taxe professionnelle, impôt injuste et antiéconomique, je l'approuve sans réserve mais je dis aussi que cette réforme ne doit pas prendre en otage les collectivités et en particulier les communes qui ont besoin de ressources garanties …

 

Le maire